Le Festival du Périgord Noir présente

MAMAMOUCHI

Ou Molière & Lully, de Versailles à la Sublime Porte

Jean-Paul BOURON, mise en scène
Michel LAPLENIE, direction musicale

12 Chanteurs & 17 Instrumentistes

Chef de chant et responsable du continuo: Yvon REPERANT
Premier violon: Johannes PRAMSOHLER
Conteur: nc
Rédacteur texte conteur: Stéphane HEAUME
Maitre de musique: Thierry PETEAU
Monsieur Jourdain: Nicolas SAINT-GEORGES
Maitre de ballet: Florent ROBIN
Chorégraphe: Gilles POIRIER
2 danseurs: Caroline DUCREST & Sébastien MONTAGNE
Costumière: Claire PLANCHEZ
Maquilleuse et perruquière: Catherine BRESSON

L’ESPRIT DE CETTE PRODUCTION

La production de l’Académie de musique ancienne 2014 est une création originale autour de l’oeuvre commune de Molière et Lully « Le Bourgeois Gentilhomme », mise en scène de Jean-Paul Bouron et des costumes de Thierry Bosquet, sous la direction musicale de Michel Laplénie.
Le choix a été fait par l’Académie de ne pas monter une nouvelle version de cette pièce, telle qu’elle a pu être présentée encore récemment à Paris et en tournée, avec des troupes de très grand talent.
Le titre de ce spectacle est donc « Mamamouchi ou Molière et Lully à la rencontre de la Sublime Porte ». « Mamamouchi » est le titre de noblesse fantaisiste attribué au Bourgeois Gentilhomme parisien, Monsieur Jourdain, par le soi-disant fils du Grand Turc qui souhaite épouser sa fille. « La scène du Mamamouchi » est l’un des morceaux les plus connus de tout le répertoire baroque du 17ème siècle.
Le travail de Jean-Paul Bouron et Michel Laplénie est articulé autour de deux grands axes :
– la mise en valeur de la richesse et de l’originalité de la musique de Lully,
– la rencontre entre deux mondes diamétralement opposés, la France et l’empire ottoman, autour de la « Turquerie » (totalement intégrée à la pièce, et faisant référence à la mode orientaliste de l’époque imitant largement l’art et la culture ottomans).
Le Bourgeois Gentilhomme, créé au Château de Chambord en 1670 devant le Roi Louis XIV et sa Cour, est une oeuvre charnière dans l’oeuvre de Jean-Baptiste Lully car il sert en quelque sorte de matrice à une grande partie de sa création. C’est tout d’abord sa rencontre avec Molière, l’apogée de leur collaboration, et également la naissance de ce que l’on appellera « l’opéra à la française ».
Il n’y a pas plus représentatif de l’esprit français que cette pièce, de cette « comédie-ballet » mêlant musique, théâtre et danse. C’est pourquoi le texte et la musique parlent toujours au public contemporain et le personnage de Monsieur Jourdain est connu bien au-delà de nos frontières, même si l’on a oublié certains codes, ainsi que le contexte social (la montée d’une certaine bourgeoisie face à la noblesse) et géopolitique de l’époque (celui des relations de la France avec le monde méditerranéen et plus particulièrement l’Empire Ottoman).
L’originalité de cette pièce, avec sa « Turquerie », nous montre la rencontre et la confrontation entre ces deux mondes que tout oppose, alors même que l’empire ottoman est un sujet de préoccupation universelle dans les esprits de l’époque.

LE MONTAGE DU « MAMAMOUCHI »

L’aspect historique de l’oeuvre est mis en avant, en particulier les échanges entre ces deux grands pays. Le langage de la « Turquerie », qui nous paraît aujourd’hui une fantaisie, était en fait un sabir inventé et pratiqué par les marins dans les ports de la Méditerranée et donc « parlait » à bien des spectateurs.
L’intérêt principal de cette rêverie autour du Bourgeois gentilhomme de Lully et Molière est bien sûr la musique. Le spectacle, d’une durée de 2h (avec deux parties), présente la quasi-totalité de la musique de l’oeuvre avec les actes I, II et IV (« la Turquerie »). Les actes III et V seront résumés grâce à l’intervention d’un conteur dans la langue du pa y s , ce rôle prépondérant assurera la cohésion de l’ensemble du spectacle. Un comédien (le maître de musique) assurera la gestique baroque de certaines scènes. Donné en français, ce spectacle contribue également à répondre aux attentes en matière de francophonie.
La première partie « versaillaise » présente, à travers les yeux de Monsieur Jourdain, la musique de scène de Lully. Elle est constituée de l’acte I et du début de l’acte II, axée sur le Maitre de Ballet et le Maitre de musique, et se termine par un ballet des Nations revu et corrigé, constitué des plus beaux extraits des Tragédies en musique de Lully, pris surtout dans les prologues de ses opéras. Ils sont présentés à monsieur Jourdain comme ce qu’il y a de mieux à la Cour et lui sont joués dans le divertissement faisant suite à la comédie.
Au cours de la seconde partie, « La Turquerie », des musiciens traditionnels turcs entrent en scène et dialoguent avec l’orchestre, jouent des airs traditionnels, reprennent des partitions de Lully interprétées à la mode orientale. L’orchestre joue à la française et à la turque. Cette partie est constituée de la turquerie originale et d’autres extraits instrumentaux de Lully.

LE FESTIVAL ET L’ACADEMIE DE MUSIQUE ANCIENNE DU PERIGORD NOIR

Chaque été (août-septembre), dans le sud-ouest de la France, le très réputé Festival du Périgord Noir propose en Dordogne un vaste choix de concerts de musique classique de niveau européen, attirant un large public immergé dans le monde du classique, avec un répertoire original et des initiatives surprenantes.
A travers la qualité et la diversité de son offre, le Festival contribue activement à la promotion de jeunes musiciens se produisant, en particulier, au sein de l’Académie de Musique Ancienne du Périgord Noir (août) et de la Semaine d’Orgue de Sarlat. Les auditeurs peuvent ainsi découvrir et apprécier de jeunes artistes de talent, dans un cadre musical très convivial.
L’académie de musique ancienne du Festival du Périgord Noir s’attache à promouvoir depuis 12 ans une démarche d’insertion professionnelle de jeunes musiciens en leur donnant la possibilité de monter chaque année une production d’un opéra, oratorio ou oeuvres sacrées du XVIIème siècle, montée dans des conditions professionnelles, sous la direction de Michel Laplénie, baryton et chef de l’ensemble Sagittarius.
L’académie est devenue peu à peu le prolongement du Festival du Périgord Noir, qui en porte la réalisation, pour conduire des actions de formation ambitieuses, en facilitant l’accueil de professeurs émérites et de jeunes artistes de talent en résidence au coeur du Périgord Noir, dans le village de Saint-Amand de Coly. Les instrumentistes et chanteurs qui se produisent dans le cadre des productions que l’Académie met en oeuvre ont vocation à prendre leur essor hors du Festival, qui contribue à leur donner l’occasion de se produire face à un public exigeant dans un des lieux patrimoniaux forts de la manifestation.
Il est à noter, par exemple, que Philippe Jarrousky, célèbre contre-ténor, y a fait ses débuts, ou les performances remarquées à Saint-Amand de Coly de Cyril Costanzo, basse. Ce dernier a intégré l’académie baroque « Le jardin des voix » des Arts Florissant-William Christie.

L’Etat français, la Région Aquitaine et le département de la Dordogne sont partenaires du festival.

REGARDEZ LE TEASER DU SPECTACLE :

(www.festivalduperigordnoir.fr)